L’Union de Lublin

Le 1er juillet 1569, à l’initiative du roi Sigismond II Auguste Jagellon, la Diète polonaise se réunit à Lublin, à l’est du pays, et prononce l’union indissoluble du royaume de Pologne et du grand-duché de Lituanie. Il s’agit des deux principaux États catholiques d’Europe centrale. Ils recouvrent pratiquement la Pologne actuelle ainsi que les États baltes, la Biélorussie et une grande partie de l’Ukraine.

La nouvelle « République unie de Pologne-Lituanie » ou « Royaume des Deux Nations » se donne un seul souverain et une Diète commune mais Pologne et Lituanie conservent chacune leur armée, leur trésor et leurs lois. Ce curieux État perdurera jusqu’à la proclamation d’une monarchie unitaire par la Constitution de 1791.

Union de Lublin, Jan Matejko

Heureux mariage

C’est un mariage qui est à l’origine du rapprochement des deux monarchies. Dernier État païen d’Europe, la Lituanie s’étend au XIVe siècle de la mer Baltique à la mer Noire. Les Lituaniens occupent Kiev et même Moscou, à un moment donné, en 1368. Mais ils doivent faire face à la rude poussée des chevaliers Teutoniques, venus d’Allemagne. Pour cela, ils s’allient avec la Pologne.


République unie de Pologne-Lituanie en 1569

Le grand-duc Ladislas II Jagellon (36 ans), petit-fils de Gedymin, épouse en mars 1386 Hedwige d’Anjou, fille et héritière du roi de Pologne Louis 1er d’Anjou. Il se convertit au catholicisme et devient du même coup roi de Pologne mais il doit céder à son cousin Withold le titre de grand-duc de Lituanie. Polonais et Lituaniens écrasent les chevaliers Teutoniques à Tannenberg.

Crise dynastique

L’Union de Lublin consacre le rapprochement entre Polonais et Lituaniens. Mais très vite, le nouvel État, qui ne doit son existence qu’au bon vouloir de la noblesse, va sombrer dans l’anarchie et la division. Sigismond II Auguste étant mort sans héritier le 7 juin 1572, 40.000 nobles se réunissent l’année suivante à Varsovie et inscrivent dans la loi le principe d’une monarchie élective et non héréditaire. Ils font obligation au souverain de réunir la Diète au moins tous les deux ans et de suivre ses avis.

Désormais lieu de compétition entre tous les princes d’Europe, le trône polonais est d’abord offert – ou plutôt vendu à grand renfort de cadeaux – à Henri, frère du roi de France. Mais celui-ci quitte presque aussitôt son nouveau royaume pour ceindre la couronne de France sous le nom d’Henri III).

En 1652, nouveau recul de l’autorité centrale : la Diète polonaise s’oblige par le « liberum veto » à ne plus prendre de décision qu’à l’unanimité, cela alors même que dans toute l’Europe continentale se développent les monarchies autoritaires.

Cette disposition transforme le pays en une république nobiliaire impuissante que ses voisins n’auront aucun mal à suborner en achetant les votes des membres de la Diète.

Source: https://www.herodote.net/1er_juillet_1569-evenement-15690701.php