19.06.2019 – Exclusive : Interview de S.E.M. Igor Fissenko, Ambassadeur de la République du Bélarus en France à l’Association Culturelle Amitié Franco-Biélorusse

1. Igor Valentinovich, récemment vous avez pris les fonctions d’Ambassadeur du Bélarus en France et Représentant permanent du Bélarus auprès de l’UNESCO. Pourriez-vous partager vos impressions sur le changement de vos fonctions, la position actuelle est-elle différente du travail que vous avez effectué précédemment ?

Le travail d’un diplomate au siège et à l’étranger en générale présente des différences importantes. Si au siège nous traitons les problèmes assez clairement définis pour lesquels il faut être un expert, alors qu’en étant à l’étranger il faut représenter le pays dans son ensemble. Il n’y a pas de division « à moi ou pas à moi » ici tout est « à moi », l’ambassadeur est responsable de tout. En même temps, le contenu principal du travail est préservé – vous devez représenter votre pays devant les étrangers, défendre les intérêts nationaux, rechercher un terrain d’entente qui devrait devenir la base de la coopération.
Le service diplomatique vous permet de modifier l’étendue des activités sans quitter le système. En cela, il est, à bien des égards, unique. C’est à la fois un défi car il est nécessaire de maîtriser en permanence de nouvelles directions d’activité, d’apprendre et d’autre côté un avantage car le sens de la nouveauté est constamment maintenu.

2. Est-ce votre premier emploi loin de votre pays natal ?  Était-ce facile de s’adapter à Paris ? Quelle sont vos premières impressions de la France ?

Compte tenu de l’expérience de travail dans le service diplomatique (déjà 25 ans) je dirai que des changements important dans les domaines dans lesquels il est nécessaire de travailler ne sont pas la première fois. Avant Paris je devais vivre et travailler à Bruxelles, principalement avec les structures de l’Union Européenne, l’OTAN. Mon premier voyage d’affaires en tant qu’ambassadeur a eu lieu pendant la période révolutionnaire en Égypte et dans tout le Moyen-Orient (à l’exception de l’Égypte, j’ai représenté le Bélarus en Algérie, à Oman et au Soudan). J’ai également travaillé dans les divers domaines au siège. Par conséquent, un certain algorithme d’adaptation à une nouvelle situation a déjà pris forme et l’expérience accumulée m’aide beaucoup.
L’adaptation à Paris m’a été simplifiée par le fait que j’ai beaucoup étudié la France pendant mes études à l’école et à l’université, même si je n’ai jamais visité ce pays avant 1999 et que je suis resté en France pas plus d’une semaine avant de venir ici en février 2019. Par conséquent, il s’est avéré que je connais beaucoup mieux (bien sûr, en théorie) la France des années 80 que la France d’aujourd’hui. Cela m’aide en même temps et crée un angle de vue assez original sur la France d’aujourd’hui. C’est-à-dire que je compare mon nouveau lieu de vie et de travaille non seulement avec les précédents, mais aussi avec les idées qui ont été formées il y a presque 30 ans.
Bien sûr, les points de vue des années 80 et la réalité d’aujourd’hui sont très différents. Le monde a changé et la France, tout en préservant et en multipliant ses profondes traditions historiques et culturelles nationales. Redécouvrir la France pour moi-même est probablement l’une de mes objectives personnelles dans un proche avenir.

3. Vous avez une très bonne connaissance du français. Pourriez-vous dire où vous avez étudié la langue française ?

Le fait d’avoir appris le français dans une école de Minsk et dans une université de Moscou m’aide beaucoup à m’adapter en France. Après une période de travail à Bruxelles, qui a pris fin il y a près de 15 ans, je n’ai pas souvent eu l’occasion d’utiliser le français. Mais j’ai toujours été heureux de faire rencontre avec la langue et la culture française. Par exemple, étant au Caire en 2012 j’ai été affecté au développement des relations avec l’Algérie. Le français, bien sûr, était très utile. Et maintenant je suis heureux de renouveler mes connaissances. Je compte également sur l’aide de mes amis et collègues français.

4. Les échanges commerciaux entre le Bélarus et la France au cours des deux dernières années ont considérablement augmenté. Cependant, la France n’occupe toujours que la dix-huitième place parmi les partenaires commerciaux du Bélarus. Existe-t-il des solutions pour promouvoir davantage les produits bélarusses en France ? Quels produits seront prioritaires ?

En effet, au cours des deux dernières années, les échanges commerciaux entre la République du Bélarus et la République Française ont démontré une dynamique positive et se développent régulièrement. En même temps, les livraisons de produits bélarusses sur le marché français et les importations de produits français au Bélarus sont en croissance.
En 2017, les échanges commerciaux entre les pays se sont élevés à 365,9 millions de dollars et ont augmenté de 27,9% par rapport à 2016. Le volume des exportations bélarusses vers la France a augmenté de 54,9% pour atteindre 66,3 millions de dollars. Croissance des importations en provenance de la France représente 23,2%. En termes de valeur, le Bélarus a acheté en France des biens d’une valeur de 299,6 millions de dollars.
En 2018, le volume des échanges mutuels par rapport à 2017 a augmenté de 9% et a atteint 399 millions de dollars. Les exportations bélarusses vers la France ont augmenté de 12,2% et se sont établies à 74,3 millions de dollars, tandis que les importations françaises au Bélarus ont augmenté de 8,3% pour atteindre 324,7 millions de dollars. L’ambassade continue de développer les tendances positives qui se dessinent dans les relations commerciales et économiques entre les pays et se réjouit de l’approfondissement des relations commerciales.
À cette fin, nous avons l’intention d’utiliser les instruments et les mécanismes existants. Nous travaillons avec la partie française pour convenir des dates de la quatrième réunion de la Commission de coopération économique bélarusse-française, qui devrait se tenir cette fois-ci à Paris.
Pour renforcer les contacts commerciaux, nous poursuivrons la pratique consistant à organiser des forums d’affaires franco-bélarusses, notamment avec l’aide de MEDEF INTERNATIONAL. Nous prévoyons également d’exploiter pleinement le potentiel de coopération économique interrégionale impliquant nos consuls honoraires de la République du Bélarus en France à Biarritz, Bordeaux, Lyon et Marseille.
En France, les produits bélarusses sont en demande et nous avons l’intention de faire les efforts pour augmenter ses volumes et diversifier la nomenclature des exportations.
Les produits les plus prometteurs sur le marché français sont les meubles et les produits du bois, les maisons préfabriquées en bois, les engrais à base de potasse et d’azote, les produits métalliques, les produits de l’industrie légère, notamment les vêtements et les tissus.
Comme vous le savez, le Bélarus fabrique une large gamme de produits alimentaires de haute qualité. À cet égard, l’exportation de produits alimentaires vers la France semble d’être une direction intéressante pour le développement de la coopération bilatérale. Nous remercions le groupe d’amitié « France-Bélarus » pour son aide dans la sélection des partenaires français afin d’établir une coopération dans ce domaine. J’espère que nous verrons dans un avenir proche les résultats concrets de notre travail commun.

5. Pourriez-vous nous raconter du groupe d’amitié « France-Bélarus », de son travail et de ses fonctions dans les relations franco-bélarusses.

Heureusement, nous n’avons pas qu’un seul groupe d’amitié, mais deux : le Sénat et l’Assemblée Nationale Française. L’année dernière, le groupe d’amitié « France-Bélarus » à l’Assemblée nationale française a fêté ses 25 ans (créé en 1993)! Depuis un quart de siècle, les relations franco-bélarusses connaissent un succès considérable : la coopération entre nos pays évolue activement dans de nombreuses directions.
Depuis 2009, des visites annuelles de députés français au Bélarus ont été effectuées. Dans le cadre de ces visites, les parlementaires français rencontrent des dirigeants du parlement bélarusse, du Ministère des Affaires Etrangères et d’autres agences gouvernementales, visitent des entreprises bélarusses et des centres régionaux de notre pays. Chacune de ces visites contribue au développement de notre interaction et conduit à des résultats concrets dans les domaines politique, économique et humanitaire.
Je note que certains des anciens présidents de ce groupe d’amitié ont rejoint le gouvernement français, ce qui contribue sans aucun doute à l’intensification de notre coopération.
Le Groupe d’amitié du Sénat est beaucoup plus jeune (établi en 2018). Cette année est son premier « anniversaire ». Mais dès le début, l’interaction avec la chambre haute du Parlement français a commencé de manière significative : en novembre dernier, à Paris, le président du Conseil de la République de l’Assemblée de la République du Bélarus, M.V. Myasnikovich, s’est réuni avec le président du Sénat, J. Larcher. Je vais vous dire un secret que cette conversation a duré plus longtemps que prévu initialement. Cela souligne encore une fois que nous avons des sujets à discuter et à travailler ensemble.
Tout récemment (du 15 au 19 avril 2019), la visite des sénateurs français au Bélarus a eu lieu, dans le cadre de laquelle s’est déroulé leur dialogue approfondi avec M.V. Myasnikovich: évolution de la coopération, plans et projets spécifiques et orientations prometteuses. Outre des réunions avec des collègues et des diplomates bélarusses, des parlementaires ont visité diverses entreprises et se sont rendus à Borisov, Grodno, Shchuchin. Moi-même, j’ai participé à ces réunions et je peux dire qu’il existe un intérêt considérable à élargir, approfondir et pragmatiser nos relations des deux côtés.
Les parlementaires des deux pays coopèrent activement sur les plateformes internationales. Un dialogue ouvert et constructif est en cours dans le cadre des assemblées parlementaires de l’OSCE et du Conseil de l’Europe. Il est important qu’il n’y ait pas de sujets fermés aux discussions pour nos parlementaires.
De manière générale, le dialogue interparlementaire est un instrument très important. On peut dire qu’il s’agit d’un dialogue entre deux peuples, car ce sont les citoyens qui élisent leurs propres parlementaires. Et je suis sûr que nous trouverons toujours les points communs.

6. Vous occupiez auparavant le poste de chef du principal département consulaire du Ministère des Affaires Etrangères de la République du Bélarus. Votre participation a été remarquée lors de l’élaboration de règles simplifiées pour l’entrée au Bélarus des étrangers : introduction d’un régime sans visa pour un certain nombre de pays, prolongation de la durée du séjour sans visa de 5 à 30 jours. De combien le flux de touristes français en Bélarus a-t-il augmenté? Est-il possible de retracer la dynamique de la visite dans notre pays: la saison de la plus grande fréquentation, le but de la visite? Comment attirer un touriste français en Bélarus?

En effet, quand j’étais le Directeur du Département consulaire du Ministère des Affaires Etrangères du Bélarus j’ai dû être développé et progressivement mis en place par des mesures essentielles visant à simplifier les déplacements des citoyens étrangers, y compris des citoyens français. Il s’agit d’une réduction des frais consulaires, d’une simplification de la procédure d’assurance et, finalement, de la suppression progressive de la nécessité d’obtenir un visa lors de l’entrée et de la sortie de l’aéroport National de Minsk, ainsi que dans les districts de Grodno et des régions de Brest limitrophes de l’Union Européenne. En 2018, nous sommes entrés dans un séjour de 30 jours sans visa.
Bien entendu, après l’introduction de ces mesures, le nombre de citoyens étrangers, principalement européens et américains, s’est accru. Aujourd’hui, un Français sur trois arrive en Bélarus sans visa. Dans le même temps, le nombre de citoyens français arrivant par l’aéroport a augmenté de près de 70%.
En outre, l’enregistrement des étrangers via internet a déjà été introduit. La dernière étape est la question de l’augmentation de la durée du séjour sans enregistrement obligatoire des étrangers dans les 10 jours (au lieu de 5 jours aujourd’hui) après l’entrée.
Il me semble qu’un touriste français peut être attiré par diverses choses qu’il n’y a pas en France, l’authenticité bélarusse : traditions folkloriques, cuisine nationale, lieux historiques, arrière-pays bélarusse. Afin de rendre le Bélarus plus attrayante en termes de tourisme international, des mesures nécessaires ont été prises, notamment une simplification de la procédure d’entrée et de séjour au Bélarus.

7. Quels sont les nouveaux projets de simplification des entrées envisagés par le gouvernement ?

Le gouvernement du Bélarus s’efforce constamment de simplifier les voyages réciproques de citoyens étrangers et de citoyens du Bélarus avec des passeports nationaux. Par exemple, les citoyens du Bélarus peuvent se rendre en Argentine, au Brésil, en Israël, en Chine, à Cuba, en Serbie, en Turquie, au Monténégro et dans plusieurs autres pays sans visa.
Je voudrais surtout mentionner la Chine sur cette liste. Le Bélarus est devenue l’un des premiers pays de la région européenne à conclure en 2018 un accord d’exemption de visa avec la Chine. Étant donné que le XXIe siècle sera probablement le siècle de la Chine, il s’agit d’une aide sérieuse non seulement pour les liens économiques avec ce grand pays, mais également pour le développement du tourisme et d’autres domaines de coopération.
Pour les citoyens français, il peut s’être important qu’entre les gouvernements du Bélarus et de la Russie il se préparent à signer un accord sur la reconnaissance mutuelle des visas et d’autres questions liées à l’entrée d’étrangers sur le territoire du Bélarus et de la Russie. Cela signifie que les visas délivrés par la partie bélarusse seront valables en Russie et inversement. En outre, les négociations sur la facilitation des formalités de visa entre le Belarus et l’Union Européenne sont en phase finale. Ils visent notamment à réduire le montant des frais de visa de 60 à 35 euros pour les Bélarusses et les citoyens de l’UE. s étrangers se rendant à Minsk pour les II Jeux Européens, qui se dérouleront du 21 au 30 juin de cette année, se verront présenter une entrée sans visa par tous les points de contrôle frontalier avec des billets pour les compétitions. Dans ce cas, le régime sans visa sera en vigueur du 10 juin au 10 juillet 2019.
Des mesures similaires sont prévues pour les spectateurs et les participants du festival «Bazar Slave à Vitebsk», qui se tiendra du 11 au 15 juillet 2019. Parallèlement, le régime sans visa sera valable du 1er au 20 juillet 2019.
Toutes les mesures qui simplifient les voyages au Bélarus sont disponibles sur le site Web de la mission diplomatique du Bélarus à Paris www.france.mfa.gov.by.

8. Les deuxièmes Jeux européens de Minsk approchent: sur quel flux de visiteurs français pouvons-nous compter?

Nous comptons sur l’intérêt des Français pour les II Jeux Européens de Minsk. Deux cents athlètes français devraient participer à la compétition. Les fans français ne doivent pas être laissés pour compte. Les billets pour les compétitions sont déjà activement vendus. Et les prix sont très abordables.
Profitant de cette opportunité, je voudrais inviter les Bélarusses et nos amis français aux événements des Jeux européens et rappeler que les billets peuvent être achetés auprès d’un vendeur autorisé, la société « Ticketpro » (https://www.en.minsk2019.ticketpro.by/). Je propose également de profiter de l’occasion pour visiter notre pays en même temps. Les organisations touristiques du Bélarus (par exemple, «Centrekurort» et «Vokrug Sveta») travaillent activement et offrent leurs services à tous (https://minsk2019.by/en/belarus/tourist-guide/minsk).
Pour suivre les compétitions vous pouvez utiliser de nombreuses ressources. C’est le site de la direction des Jeux, l’application mobile « Minsk 2019 », les réseaux sociaux etc.

9. Parlez-nous de votre expérience de travail avec la diaspora bélarusse dans d’autres pays.

Les interactions avec la diaspora bélarusse dans différents pays du monde se font de différentes manières. Cela dépend de la législation de ces pays, de la grandeur de la diaspora, de leur organisation, de la volonté de développer les valeurs culturelles du Bélarus dans ces pays, etc. La France est peut-être le premier pays dans lequel je dois travailler, avec une diaspora bélarusse organisée et nombreuse.
Avec la participation de la diaspora, des concerts, des expositions, de la poésie et de la prose, des soirées créatives, des concours sont organisés. En outre, les associations de Bélarusses participent à des manifestations économiques et mettent en œuvre des projets économiques au Bélarus.
La principale chose qui unit nos compatriotes à l’étranger, c’est l’amour pour le Bélarus, notre patrie.

10. Comment la République du Bélarus élabore-t-elle sa politique à l’égard de la diaspora bélarusse et comment l’ambassade du Bélarus en France coopère-t-elle avec ses compatriotes du pays hôte ? Quel est le rôle de la diaspora dans la mise en œuvre de projets culturels ?

Selon diverses études, le nombre de la diaspora bélarusse dans le monde serait compris entre 2,5 et 3,5 millions de personnes. La diaspora bélarusse était formée de cinq  «vagues» principales: des émigrants du territoire bélarusse pendant les «révolutions russes» du début du XXe siècle; les immigrants de la Seconde Guerre Mondiale; immigrants depuis les années 1990; les migrants au sein de l’URSS; Minorités autochtones bélarusses vivant en Lettonie, en Lituanie, en Pologne, en Russie et en Ukraine, dans les régions limitrophes de la République du Bélarus. Par la volonté du destin, de nombreux Bélarusses de différentes périodes de l’histoire se sont révélés en dehors de notre pays. Beaucoup d’entre eux sont devenus mondialement célèbres. Parmi les Bélarusses à l’étranger, on trouve des personnalités politiques, économistes, scientifiques, artistes, écrivains, musiciens, acteurs, réalisateurs … Au moins 15 lauréats du prix Nobel ont des racines bélarusses. Depuis le Moyen Âge, les Bélarusses ont déménagé pour vivre en France – de manière temporaire ou permanente. Un exemple frappant est la rue Radziwill située en plein cœur de Paris, qui doit son nom aux princes bélarusses de la famille Radziwill.
De nombreux Bélarusses de renommée mondiale ont vécu et travaillé en France au XIXe siècle. Parmi les noms les plus connus figurent I.Domeiko, A.Mitskevich, V.Vankovich, T.Kostyushko, N.Orda, M.Oginsky. Ce n’est certainement pas une liste complète. Au cours de la première moitié du XXe siècle, les Bélarusses sont devenus les fondateurs de la célèbre école parisienne de la peinture : Chagall, Soutine, Balgley, Zadkine, Kikoin, Lubich, Tsarfin, Zak – environ 20 noms de renommée mondiale.
À l’heure actuelle, selon nos données, plus de 6 000 Bélarusses vivent en France, dont environ 300 étudiants bélarusses. Après l’adoption en République du Bélarus de la loi «Sur les bélarusses à l’étranger » en 2014, l’interaction du pays avec la diaspora est devenue plus intense, l’activité est devenue systémique, comme en témoigne la croissance du nombre d’organisations publiques créées par les Bélarusses en France et le nombre d’événements organisés avec la participation de ces organisations. À présent en France, neuf organisations franco-bélarusses publiques sont engagées dans le développement de la coopération entre les deux pays dans divers domaines, principalement dans le domaine humanitaire.
Des jalons importants dans le renforcement de la coopération entre le Bélarus et ses compatriotes à l’étranger ont constitué la création en 2015 dans le cadre de la mise en œuvre de cette loi par le Ministère des Affaires Etrangères du Conseil consultatif pour les affaires étrangères du Bélarus et l’adoption par le Conseil des ministres en 2016 du sous-programme « Les bélarusses dans le monde » dans le cadre du programme d’état « Culture du Bélarus » pour 2016-2020.
Avec la participation directe de représentants actifs de la diaspora bélarusse en France ces dernières années, des événements annuels sont organisés dans le but de populariser et de promouvoir la culture bélarusse. Des concerts de musique, des représentations théâtrales, des expositions d’artistes bélarusses sont organisées dans le cadre des salons internationaux «Art Capital», «Salon d’automne».
Avec la participation active des Bélarusses de France, la célébration des anciennes fêtes bélarusses d’Ivan Kupala, Kalyadok, Dzyady, Radunitsa a commencé. Depuis 2014, la diaspora bélarusse soutient activement l’initiative de l’ambassade visant à organiser la campagne « Chantons ensemble l’hymne du Bélarus » sur la place du Trocadéro à Paris, à l’approche du jour de l’indépendance – la prochaine action de ce type est prévue pour le 28 juin de cette année.
Il faut souligner l’intérêt croissant des Bélarusses de France pour les actions sur le retour du patrimoine culturel de Bélarus. Au cours des derniers mois, deux projets importants ont été achevés: le retour au Bélarus de 15 peintures de l’artiste de l’école de Paris, originaire du village de Smilovichi, dans la région de Minsk F.-Sh. Tsarfin et l’acquisition d’une tapisserie française du XVIIe siècle pour le Château de Mir. Le premier projet a été mis en œuvre avec l’interaction active avec la fille de l’artiste – Lilian Dulac-Tsarfin, le second – avec la participation directe et active du représentant actif de la diaspora bélarusse Anastasia Danilova.
Et ce ne sont pas des cas isolés d’un tel travail. Dans un proche avenir, nous prévoyons de mettre en œuvre plusieurs autres projets visant à restituer le patrimoine culturel au Bélarus avec la participation active des Bélarusses de France.
Le travail actif de la diaspora dans le domaine de la culture contribue à une meilleure compréhension de notre pays, de son patrimoine culturel et de la mentalité de notre peuple par les Français. Une meilleure compréhension du Bélarus donne une image positive de notre pays en France, ce qu’installe des bases solides pour le développement des relations franco-bélarusses dans divers domaines.
Ces dernières années, les représentants les plus actifs de la diaspora bélarusse en France ont reçu des récompenses d’État et de département de la République du Bélarus, parmi lesquelles Arkady Valados et Georgy Sosnovsky ont reçu les médailles Francis Skaryna.

11. Que voudriez-vous souhaiter aux Bélarusses en France?

Souvent, une personne, changeant de citoyenneté, vivant depuis longtemps à l’étranger, dans son cœur et son âme reste à appartenir à sa patrie. À cet égard, je souhaite que les Bélarusses n’oublient pas leurs racines, qu’ils se rappellent leur patrie. Je souhaite également beaucoup de succès à tous ceux qui, pour une raison ou une autre, se sont retrouvés en France. Après tout, la reconnaissance à l’étranger, par exemple dans les domaines de la culture, du sport, dans toutes les entreprises et tous les métiers, a un effet positif sur l’image du pays, qui est cher et façonné depuis des décennies.
Aimez le Bélarus ! Nous vous attendons toujours à l’ambassade de Bélarus, y compris pour vos projets. Ensemble, nous pouvons rendre notre Bélarus prospère!

Cette interview a été réalisé et traduit le 3 juin 2019 par notre Association. Remerciement à Son Excellence M Igor Fissenko.